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6/12-13/12/2018 – En Terre de feu chilienne

Dernière mise à jour : 3 juin 2019

Jeudi matin 8h : nous avons rendez-vous sur le quai de Punta Arenas pour prendre le ferry. Ce ferry va nous faire traverser le Détroit de Magellan et nous amener en Terre de feu en 2h.


Dans le ferry, nous sympathisons avec un couple de cyclistes en tour de l’Amérique du sud depuis 9 mois ! Ce n’est pas la 1ère fois que nous croisons des cyclistes au long cours, mais c’est la 1ère fois que nous avons l’occasion de discuter avec 2 de ces courageux ! Elles sont ravies de leur voyage et nous racontent leurs joies et leurs difficultés (comme monter jusqu’à 4500m sur l’altiplano !). Rendez-vous pris pour un apéro le soir même dans le camping-car.


Ferry pour traverser le Détroit de Magellan de Punta Arenas à Porvenir

Sur le ferry, derrière : le détroit de Magellan

A l’extrémité sud du continent s’étend la Terre de feu, archipel partagé en ligne droite entre Argentine à l’est et Chili à l’ouest, avec 2 îles principales (Isla Grande et Isla Navaro) et quantité de petites îles, inhabitées pour la plupart. Le côté chilien est peuplé de 7000 habitants, dont 6000 à Porvenir - seule ville de l’île, le reste étant des forêts, des lacs, des montagnes et des estancias. La Terre de feu est généralement noyée dans la brume, fouettée par le vent et la pluie.


Avant l’arrivée de Magellan, les habitants se partageaient entre des peuples sédentaires qui vivaient de la chasse au guanaco, et des « peuples des canoës », nomades, qui vivaient de mammifères marins et de poissons.


C’est Magellan qui en 1520 nomma ce coin « Terre de feu » car de son bateau il voyait les 100aines de feux allumés par ces « peuples des canoës », qui vivaient quasi nus, recouverts de graisse de phoque et de peaux.


Ce coin a laissé les colons indifférents pendant longtemps, jusqu’aux XVIIIème et XIXème siècles, quand des explorateurs scientifiques, dont le fameux Darwin (qui déclara que la différence entre les habitants de Terre de feu et les Européens était plus grande qu’entre les animaux sauvages et les domestiques…), s’y sont intéressés ; et quand une vague d’Européens, principalement des Croates, attirés par la découverte d’or en 1879, s’y installa. On voit d’ailleurs la « calle Croatia » et beaucoup de noms d’origine croates à Porvenir.


Les Chiliens furent présents dans cette région à partir de 1843. En 1884, l’Argentine revendiqua son autorité sur Ushuaia et autour. Il faillit y avoir une guerre entre les 2 pays, et en 1978, ils se partagèrent en ligne droite la Terre de feu. Cela a pour résultat une géographie particulière, car il n’est pas possible d’aller dans la partie argentine de la Terre de feu depuis le reste de l’Argentine, sans passer par le Chili.




Nous passons une journée agréable à Porvenir, à nous balader dans cette petite ville tranquille et dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. La pêche et l’usine de conditionnement de saumons constituent la principale activité économique.


Porvenir

Côte de Porvenir

Côte de Porvenir

Le lendemain, départ pour la Bahia Inutil. Enfin c’est ce que nous croyions… car au bout de 40km de piste, les aiguilles du tableau de bord se mettent toutes à 0, et 2km après le moteur s’arrête, nous n’avons même pas le temps de nous mettre sur le côté. Nous comprenons vite que la batterie est à plat et qu’il y a sans doute un problème avec l’alternateur, et surtout que nous ne re-démarrerons pas sans aide. Nous arrêtons une voiture, tentons de faire redémarrer la batterie avec les pinces mais en vain, et finalement Philippe part avec eux pour rejoindre Porvenir.


A l’arrivée à Porvenir, il cherche à acheter une batterie, n’en trouve pas d’assez puissante, mais 2 frères qui sont dans le même magasin de pièces détachées l’entendent et lui proposent leur aide. Ils vont chercher une grosse batterie chez eux, et ramènent Philippe au camping-car. Là nous réussissons à re-démarrer le camping-car, et revenons sur Porvenir. Ouf !


Nous nous garons devant la maison d’un des 2 frères, Arturo, qui nous invite à un asado (barbecue) pour le soir. Nous passons la soirée chez lui, à nous régaler d’agneau de Patagonie. Lui et sa femme travaillent à l’usine de conditionnement de saumon de la ville, et vivent dans une petite maison traditionnelle en bardage métallique. Nous resterons là le temps de la panne (puisque de toute façon le camping-car ne peut plus faire 1m). Heureusement, nous avions fait le plein d’eau et nous avons du gaz, nous sommes autonomes 3 jours. Et surtout heureusement la batterie de la cellule est alimentée par un panneau solaire et pas par la batterie du moteur !


Martin a bien aimé l'asado d'agneau de Patagonie !


Le lendemain, Philippe et Arturo démontent l’alternateur et l’apportent à l’électricien, qui annonce qu’il ne pourra pas réparer sans commander de pièces à Punta Arenas.

Mais quand ça veut pas, ça veut pas : ce samedi est férié, et le lendemain c’est dimanche ! Nous voilà coincés ici pour au moins 3 jours… Ce qui nous embête beaucoup car nous avons rendez-vous dans 2 semaines à l’aéroport d’El Calafate avec Matthieu et Su et leurs enfants, et d’ici là nous avions beaucoup de choses à faire et à voir. Bon, on en profitera pour finir le trimestre du CNED et ainsi avoir tout notre temps à Ushuaia et autour. Martin et Jeanne en profiteront aussi pour se faire des copains de foot !


Partie de foot entre Français et Chiliens

Partie de foot entre Français et Chiliens


Entre-temps, Sandrine, Nicolas et leurs enfants arrivent à Porvenir ! Nous passons 24h en leur compagnie, à se balader, mais surtout à discuter, jouer et même se faire un resto ! Le resto ne paie pas de mine, mais nous nous régalons de spécialités régionales : pisco sour (le pisco est un alcool à 35° typiquement chilien, que Nicolas et Philippe ont beaucoup apprécié…), crabe et saumon pêché en Antartique.



Lundi, Jorge, le frère d’Arturo qui est à Punta Arenas va voir le garagiste, mais celui ne voit pas assez bien les pièces sur les photos, et demande à voir les originales ! Qu’à cela ne tienne, on lui fait un paquet, on va à la compagnie d’aviation : notre paquet partira par le prochain avion, à 17h, donc Jorge pourra les récupérer dès le lendemain 9h !


Entre-temps, nous tombons en rade d’eau, et demandons quelques litres à Arturo, il nous dépanne. Bonne nouvelle ! Sinon c’était l’hôtel, pour pouvoir nous laver.


Mardi, Jorge prend plus de temps que prévu à trouver et acheter les pièces, qui ne pourront donc pas partir le jour même : elles prendront l’avion de mercredi matin.


Effectivement mercredi 9h, nous avons les pièces (enfin !), que nous apportons à l’électricien. Il mettra plusieurs heures à s’occuper de la réparation, car comme un certain nombre de Chiliens il a 2 boulots, et il a été appelé pour une urgence dans son autre boulot. A 13h nous récupérons l’alternateur, Philippe et moi essayons de le monter, en vain, et quand Arturo rentre de son boulot à 16h, Philippe et lui le montent. Notre soucis venait surtout du montage de la courroie d’alternateur plus que de l’alternateur lui-même. Problème que nous avons résolu grâce à la bible mécanique fournie par Fred, le précédent proprio (Merci Fred !!!). A 17h30 nous quittons Arturo et Porvenir, heureux de pouvoir continuer notre chemin !


Au final, il s’agissait d’une bête réparation de 3h, mais sur une île, avec seulement 2 grosses villes proches, dont une (Ushuaia) à 500km et dans un autre pays, et l’autre accessible uniquement par ferry et avion, cela nous a pris 5 jours !


En quittant Arturo, devant sa maison

Philippe et Arturo

Jeudi, nous pouvons continuer notre périple et nous arrêtons dans la Bahia Inutil pour aller admirer les pingouins royaux. Ce sont les 2èmes plus grands pingouins du monde – après les manchots empereurs – ils vivent entre les 45ème et 55ème parallèles sud. Ils mesurent 95cm de haut et sont très beaux, avec leurs cous colorés, et leur démarche saccadée.



Sur la route de la Bahia Inutil

Colonie de manchots royaux

Manchots royaux à la jumelle


Nous continuons notre route pour repasser en Argentine : ce soir nous dormirons à Ushuaia !





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