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2/06-8/06/2019 – Le sud de la Colombie

Dernière mise à jour : 19 avr. 2020

Ce dimanche, nous quittons l’Equateur pour la Colombie. Ce 22ème passage de frontière se passe sans encombre. Il a quand même une particularité : la présence de tentes de l‘Unicef, de la Croix-Rouge, du HCR, … et des files de Vénézuéliens portant leurs enfants dans un bras et des sacs dans l’autre. Nous contribuons modestement en donnant à l’UNICEF un sac de vêtements trop petits ou trop larges (Philippe a perdu 10kg…). La crise vénézuélienne ne nous apparaît plus comme un titre aux infos.


Notre 1ère halte est à la laguna de la Cocha à 2800m d’altitude. Nous nous attendions à une petite lagune tranquille où nous allions pouvoir bivouaquer seuls au monde. En fait il s’agit du lieu où les habitants de Pasto passent leurs WE et on trouve quelques rues toutes entourées de chalets aux allures suisses, tous soit des restaurants soit des magasins de souvenirs. L’endroit est mignon, quoique touristique, mais surprenant en pleine Colombie. Nous nous mettons tellement dans l’ambiance que le soir nous mangeons … une fondue au fromage !


La spécialité du coin est toute autre : le climat est plutôt frais, à tel point que l’ « helado de paila » – une glace traditionnelle – se prépare dans la rue dans un saladier en cuivre posé sur de la glace. Le fabriquant fait tourner et tourner ce saladier :


Le lundi, nous partons sous la pluie, qui ne nous quittera pas ou presque pendant 3 jours. Nous sommes à une très mauvaise période en Colombie, et nous devons nous préparer à avoir – pour la 1ère fois du voyage ! – beaucoup de pluie pendant 1 mois.


Ayant perdu l’habitude de nous renseigner sur l’état des routes car elles étaient très bonnes en Equateur, nous ferons les 220 prochains km en … 8h ! Et ça va être comme ça sur une bonne partie de la Colombie. Nous faisons nos calculs et nous apercevons que si, nous ne revoyons pas le programme, sur 5 semaines en Colombie, nous ferons 70h de route, soit – si on part sur une moyenne de 6h de route par jour – 11 jours entiers à rouler !!!!


En attendant, nous empruntons el trampolín del muerte – le trampoline de la mort – qui doit son nom à l’étroitesse de la route qui a envoyé des 10aines de voitures et cars dans le ravin. Depuis le dernier accident – en 2013 – la route a été élargie, et c’est sans encombre, mais avec une moyenne de 20km/h que nous faisons les 70km de la route, qui est par ailleurs fort belle.


Nous arrivons à San Agustin (1800m d'altitude) en fin d’après-midi le lendemain et nous nous posons pour une pause bien méritée dans un café pour manger une crêpe. Il se trouve que le mari de la patronne est un français installé ici depuis 10 ans et qui est guide dans tout le pays ! Comme nous sommes en saison basse, il a le temps de discuter et nous passons 2h en sa compagnie. Il nous donne énormément d’infos, de conseils, de recommandations de restos dans tout le pays. Merci Franco (https://www.facebook.com/Doble-Yo-Coffee-2383240741902135/) !



Le mercredi, nous partons pour 3h30 de rando à cheval pour voir plusieurs sites autour de San Agustin. Il y a 5000 ans dans cette région vivaient 2 peuples séparés par les sommets de la Cordillère et qui se retrouvaient à San Agustin pour commercer, rendre hommage aux dieux et enterrer leurs morts. San Agustin est célèbre pour ses statues sculptées dans de la roche éjectée des volcans environnants et qui datent de la période du 1er au 9ème siècles après JC. Nous visitons les sites d’El Purutal (qui possèdent les 2 seules statues ayant encore leurs couleurs), de La Chiquira et d’El Tablón. Nous revenons avec mal aux fesses mais ravis !


Nous commençons la journée du lendemain par la visite du site archéologique de San Agustin avec une guide. Nous laissons les enfants dans le camping-car : Jeanne est très enrhumée, il pleut des cordes et la visite dure 2h30, ils ne sont pas très motivés… Ils feront leur travail scolaire du jour et joueront pendant notre absence.

Le parc renferme 130 statues au total, bel exemple de l’art précolombien local.


Nous marchons jusqu’au Fuente de Lavapatas, centre cérémoniel du site : creusés à même le lit du cours d’eau, ces bassins - gravés de serpents, lézards et figures humaines – servaient à des bains rituels.


Franco nous invite à venir prendre l'apéro chez lui pour notre dernier jour. La spécialité colombienne s'appelle l'arepa, il s'agit de galettes de farine de maïs frites. Nous en trouvons dans tous les resto et c'et une des bases de la cuisine locale. Là la femme et la belle-mère de Franco les ont cuisinées avec du fromage frais : c’est délicieux ! Leurs 4 enfants jouent autour de nous sur la grande terrasse. En effet, on vit dehors dans ce pays (la plupart des cafés et restos ont des fenêtres sans vitre d’ailleurs) : il y a un unique point d’eau par foyer, qui est dehors, et la cuisine est aussi à l'extérieur. A l’intérieur de leur maison, en plus des salles d’eau, il y a un petit salon et 2 chambres : un pour les 2 filles aînées et la grand-mère, et une pour les 2 petits garçons et les parents. Autour il y a des arbres fruitiers : manguier, oranger, bananier, …



Après ce bon moment, nous reprenons la route, armés de prudence. Il en faudra car nous avons besoin de 5 heures pour faire les 140km (dont un col à 3000m) qui nous relient à Popayán, le tout sous la pluie. Ca aura été une des pires routes du voyage, que nous ne pouvons pas couper en 2, car nous sommes dans un des quelques coins du pays où subsistent encore des FARCS, et il ne serait pas prudent de s'arrêter. Nous arrivons fourbus par les cahots de la route et sommes contents de nous poser pour la nuit.



Popayán (1800m d’altitude) est une ville coloniale de 300.000 habitants, fondée en 1537 et surnommée la « ciudad blanca » (« ville blanche »), et était une étape importante sur la route Quito-Carthagène. Elle était habitée par les riches propriétaires des haciendas sucrières de la vallée.

La ville est très, très jolie. Toute blanche, elle nous rappelle Sucre et Arequipa, même si elle est beaucoup plus bruyante qu’Arequipa dont le centre est piétonnier. Nous nous promenons tranquillement dans les rues blanches et terminons la matinée dans un bon resto, avec des photos de Paul Bocuse dédicacées sur les murs et un diplôme de gastronomie française !!!!


Nous reprenons rapidement la route. Cette fois nous reprenons la Panaméricaine et après la route des derniers jours nous sommes ravis ! En termes d’autoroute, il s’agit d’une 2x1 voie, mais elle est confortable et nous permet de tenir 50-60km/h, même sous la pluie !


Nous cherchons un endroit où nous poser pour la nuit et nous arrivons dans le village de Villarica, au coeur de la région sucrière. Il saute aux yeux que les habitants de cette région descendent d'esclaves venus d'Afrique.

Nous demandons à plusieurs personnes où nous garer jusqu’à tomber sur Jaime qui travaille à l’école et qui nous ouvre son établissement où nous pourrons passer la nuit dans la cour !

Depuis que nous sommes en Amérique du sud, on nous a dit des 10aines de fois que les Colombiens étaient les plus hospitaliers et les plus gentils du continent… Nous le vérifierons de nouveau dès le lendemain : à 6h30 Jaime vient taper à la porte de Passepartout pour nous inviter à manger. Nous nous donnons rdv à 7h30 et il nous emmène dans une boulangerie manger des pains typiques de Colombie, dont le pandebonos, qui est un pain à la farine de maïs et au fromage (ça a le goût des gougères mais sans le côté soufflé). Il veut discuter avec nous, savoir d’où nous venons, pourquoi nous faisons ce voyage, …

Comme il y a un évènement dans sa ville ce jour (les sélections pour le 23ème festival de chansons du Pacifique), il nous demande de rester, ce que nous faisons.

Sa femme et lui nous invitent à boire l'apéro dans un café de la ville. Nous laissons les enfants dans le parc : Martin joue aux foot avec des garçons et des filles du village, et Jeanne discute avec une famille de Vénézuéliens qui a fui son pays. Je crois qu'on peut dire qu'ils se débrouillent maintenant en espagnol ...

Nous repartons vers la zone caféière, heureux de ces nouvelles rencontres.


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